Interview de Michael Brecker

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Golfbert
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Interview de Michael Brecker

Message par Golfbert » 05 nov. 2008, 12:20

C'est un cadeau que je fais à Stéphane et a tous les amateurs de Michael Brecker.
Traduction d' une Interview de Michael Brecker qui s’est déroulée dans l’hôtel Marco Polo situé dans le quartier de Kowloon à Hong Kong peu de temps avant sa mort.

Comment es tu venu au saxophone?

Michael :
« J’ai commencé par jouer de la clarinette à l’âge de 6 ans. J’étudiais avec Leon Lester qui était 1er clarinettiste dans l’orchestre de Philadelphie. Après avoir atteint le 8ème grade je suis passé au saxophone Alto, puis ai changé à nouveau pour le saxophone Ténor (après mon 10ème grade) Je ne pense pas que j’avais plus d’aisance naturelle pour jouer de la clarinette, pas plus pour la musique classique ; j’étais surtout intéressé pour essayer de jouer du Jazz à la clarinette. A cette époque j’écoutais Jimmy Giuffre ; j’aimais son approche de l’instrument ; j’aimais sa sonorité sombre ; le fait qu’il jouait dans le bas registre ; il avait une sorte de « soul » approche. Je n’étais pas réellement attiré par Benny Goodman ; C’était à la fin des années 50 et au début des année 60 ; je me souviens que j’imitais les solo de Jimmy Giuffre lorsque j’avais 10 ans. Je me souviens encore de ces solo aujourd’hui. »

Qu’est ce que tu penses de la musique classique au saxophone ?Beaucoup de Jazzmen font ouvertement état de leur dégoût pour les morceaux classiques pour saxophone.

Michael :
« J’adore écouté les saxophonistes classiques ; j’admire plus particulièrement Eugène Rousseau ; j’adore de plus en plus l’approche classique en ce moment. J’aime beaucoup écouter le son classique du saxophone.
J’aime qu’il soit joué d’une manière un peu plus « soft » C’est souvent un son plus contenu, plus concentré ; j’apprécie, aussi, le phrasé des saxophonistes classiques ; l’étendue dynamique autant que le vibrato ou la gestion des notes élevées. »

Ce que tu dis va surprendre bon nombre de saxophoniste ; je poursuis sur le sujet qui concerne la qualité du son.

Michael :
« Le jazz au saxophone implique différents jeux d’outils et de sensibilités. Certainement que chacun a un son personnel ; J’ai une idée toute personnelle de ce que je recherche en matière de son ; je sais, notamment, comment je dois faire pour éviter certains sons. Une partie de mon son est automatiquement engendré par la position de mon corps ou de ma gorge ainsi que par la direction de la colonne d’air. Tout cela m’aide à prédéterminer la nature du son ; je ne peux pas séparer le son des articulations ou du phrasé ; pour moi tout cela est connecté. »

Est ce que le son est lié à ton soxophone, un vieux « Selmer » Mark VI - série 86.000 ?

Michael:
« J’ai une collection de saxophones à la maison ; la plus part sont des « Selmer » qui sont probablement les meilleurs de ceux dont je joue habituellement ; je reviens toujours à celui ci ; je lui suis si familier ; c’est comme-ci j’étais propriétaire de toutes les molécules qui le composent. ; ce n’est pas un instrument particulièrement remarquable, mais je me sens bien avec lui ; il se dégrade progressivement à cause de son âge, de l’usure, il faudra que je pense à le remplacer par un autre saxophone. »

Et ton Bec ?

Michael :
« Mon Bec est fabriqué par Dave Guardala ; Dave est un de mes vieux amis et nous travaillons ensemble depuis de nombreuses années. Il a créé ce bec pour répondre à mes excentricités particulières ; pour le son aussi. Les anches que j’utilise sont des Lavoz de force moyenne.
Arrivé à produire un son personnel a été, pour moi, un long processus. Il a évolué au travers des cessions que j’ai pu accomplir avec d’autres musiciens, à la maison ou en spectacle ; dans toutes sortes de situations. Je pense qu’à tous les niveaux, il faut prendre soin du son ; vous ne pouvez pas progressez vous même si vous pratiquez paisiblement surtout avec un instrument comme le saxophone incroyablement flexible et expressif.
Le saxophone génère une très complexe vague ; il semble assez complexe lorsque vous regardez sa représentation graphique sur un oscilloscope. Chaque souffleur a une grande liberté dans la création du son. C’est un formidable instrument créatif juste en termes de son uniquement ; On peut immédiatement identifier un saxophoniste uniquement par le son et l’articulation ; particulièrement les saxophonistes des années 40, 50, 60, et 70 ; Je peux reconnaître Stan Getz , Ornette Coleman ou Sonny Rollins ; dès la 1ère note ; Jackie Mclean, John Coltrane sont immédiatement identifiables ; c’est un peu plus difficile à identifier un saxophoniste qui joue « smooth » en solo. »

Comment as tu appris à improviser ?

Michael :
« J’ai grandi dans un environnement de Jazz ; Mon Père était pianiste de Jazz et avocat ; il vivait d’une profession légale et jouait du piano pour se distraire ; il y avait toujours de la musique à la maison. Il connaissait tous les standards ; mon Frère Randy était un modèle pour moi, il est un petit peu plus âgé que moi et a commencé à jouer de la musique avant moi ; Il utilisait beaucoup de méthodes de travail ; une des choses qu’il faisait était de jouer sur le son d’un CD ; nous empruntions des disques à notre père pour jouer dessus ; nous jouions, aussi avec notre Père. Au début j’étais très attiré par Cannonball Adderley ; quand je l’ai entendu pour la 1ère fois, j’ai demandé à mes Parents de m’acheter un Alto et j’ai essayé d’apprendre ses solos. ; c’était difficile pour moi mais très profitable pour aborder le langage du Jazz »

Comment travaillais tu exactement le langage du Jazz ?

Michael :
J’écoutais de la musique chaque jour et mémorisais les solos que je pouvais « chanter » à partir des disque. ; je n’arrivais pas à les écrire mais je les fixais au niveau du cerveau. J’avais aussi l’immense chance de disposer d’un grand local dédié aux musiciens à Philadelphie. C’était une formidable moment, pour le jeune musicien que j’étais, pour apprendre comment jouer. Il y avait une importante communauté de musiciens à Philly qui jouaient et essayaient de progresser et j’avais la chance de jouer avec ces musiciens là souvent bien meilleurs que moi.
Quand j’ai eu 19 ans je suis parti pour New York, ai fréquenté l’université d’Indiana pour un court moment, j’ai étudié les sciences et je fréquentais l’école de musique où je pratiquais chaque jour. J’ai eu la chance de travailler avec le grand David Baker lorsque j’étais là-bas. »

Que vois tu comme différence entre le Jazz et le classique en termes de « tonguing » et d’articulations ?

Michael :
« C’est une chose très personnel et je ne sais pas trop comment l’expliquer ; l’articulation en jazz est certainement différente dans bien des cas de l’articulation classique. Mais elles sont reliées ; L’articulation est importante dans les deux cas. Dans le Jazz c’est une chose très personnelle, c’est une question de goût ; l’articulation est fonction de l’approche personnelle ainsi que de la sensibilité du saxophoniste ; en ce qui me concerne, je sais que j’ai une façon de faire très personnelle qui correspond à un confort recherché.
C’est quelque chose qui a évolué naturellement, lentement et progressivement ; il n’y a pas de règle. »

Il y a peut être des fautes (synthaxe, orthographe etc..) mais je n'ai pas le courage de me re-lire !!

Bonne lecture
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stéphane74
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Re: Interview de Michael Brecker

Message par stéphane74 » 08 nov. 2008, 01:14

Golfbert : 1000 merci de ton cadeau qui me touche sincèrement. Merci pour ta patience et ta générosité. A bientôt. Et bon sax.

sowhat
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Re: Interview de Michael Brecker

Message par sowhat » 11 nov. 2008, 19:05

:lol: salut Golfbert merci pour ce sujet sur BRECKER bon sax

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